La syndication de contenu


La syndication de contenu consiste à partager un même contenu entre plusieurs sites, sans ressaisie et automatiquement. Tour d’horizon…

Depuis quelques années, XML a au moins permis l’émergence de la syndication. Pour comprendre la syndication, il faut concevoir la séparation du fonds et de la forme. D’un côté, du contenu, de l’autre sa mise en forme. Considérez un quotidien qui change de maquette, c’est simplement considérer d’autres présentation des titres, du texte, une autre distribution de l’information, etc. Sur Internet, on a alors :

  • d’un côté du contenu, soit extrait de bases de données ou plus simplement exprimé en XML. La grammaire de l’XML, ce que l’on nomme la DTD, définit simplement que ce qu’il y aura entre ‪<titre1>‬ et ‪</titre1>‬ est un titre de niveau 1 pour peu que l’environnement qui va exploiter ce contenu connaisse la DTD, qu’il parle ce langage.
  • d’un autre côté des styles, traduits sous les noms barbares de CSS ou XSLT, qui sont au contenu web ce que la maquette est au journal. À ceci près que, bien évidemment, il faut que le titre de niveau 1 corresponde à un contenu au niveau mise en forme.

Maintenant que vous avez compris la séparation du fonds et de la forme, imaginez qu’un rédacteur publie, sur un site web, un article qui a vocation à s’exprimer sur un autre site. L’article, disponible en XML, s’exprime dans le style d’affichage de chacun des deux sites simultanément, mais il n’y a nulle ressaisie. C’est le même contenu appelé par chacun des deux sites mais affiché dans l’identité de chacun.

La syndication permet donc aux contenus de circuler et d’être valorisés facilement, sans ressaisie et dans le respect des identités de chacun. Le principe est d’abord apparu dans le giron des sites de médias, au travers de fils d’informations. Les dépêches de l’AFP en sont un bon exemple.

D’abord réservée à des outils complexes, propriétaires et hors de prix, la syndication a explosé grâce aux weblogs et aux solutions comme SPIP qui l’intègrent en natif. Signalons en effet que selon une étude de Perseus Development, il y avait 4,1 millions de blogs dans le monde en septembre 2003 ! Vous penserez alors que tout cela est un élément de plus de la marchandisation de l’information.

Certes, le commerce du contenu syndiqué existe. Il a même constitué un des multiples éléments de la bulle internet, mais comme beaucoup de modèles, il n’a pas satisfait aux ambitions qu’on lui accordait. Le modèle économique n’a pas été trouvé et le marché n’est tout simplement pas prêt. Plus basiquement, produire du contenu demande de la réflexion et de la création. C’est onéreux et les problématiques de propriété intellectuelle complexifient le problème. Tout cela reste économiquement embryonnaire.

Le format RSS est le plus courant. Il a été conçu par les premiers syndicateurs autour de quelques balises XML. Mais ce n’est pas une norme, ses limites ont donc rapidement donné lieu à n versions, base d’une compétition entre prétendus quasi-standards comme l’informatique en a le secret…

RSS est le formalisme mis en œuvre par les weblog ou SPIP. Il est certain que le fait que des communautés de plusieurs milliers de blogueurs ou de webmestres s’appuient sur des solutions stables facilite le développement de la syndication en leur sein. C’est exactement ce que l’on constate.

La syndication et le RSS, ce n’est pas que de l’information.

Exemples :

  • Upcoming.org, calendrier collaboratif qui permet d’indiquer ses rendez-vous, de lister ceux des autres, de les commenter, de les syndiquer via un fil RSS…
  • MedecineNet, site d’information médicale proposant près d’un millier de fils d’informations médicales liées à la santé.On peut ainsi s’abonner au fil “Asthme”, “Cholestérol”, et à des fils plus spécifiques propres à une maladie donnée.

Mais la syndication, ce n’est pas que du RSS. Absolument tous les secteurs d’activités sont concernés, ce qui se traduit par pléthores d’initiatives visant à concevoir des représentations normalisées de contenus donnés.

C’est extrêmement compliqué, non pas techniquement, mais tout simplement parce que mettre tous les acteurs de références autour d’un table puis qu’ils discutent et enfin qu’ils se mettent d’accord n’est pas une sinécure !

Dans le domaine qui nous concerne, outre le RSS, on notera des initiatives comme SUP-XML, sans parler des quasi-standards issus de l’e-learning comme SCORM, AICC ou IMS, fruits de consortiums divers et variés, et surtout du LOM. Le Learning Object Metadata est un énorme chantier visant à une normalisation IEEE des objets pédagogiques. C’est à ce type de projet que l’on mesure qu’il est excessivement compliqué et sans doute vain de vouloir mettre la pédagogie en boîte…

Conclusion

La syndication permet donc de dépasser le simple stade de la newsletter pour entrer dans l’ère de l’information partagée. D’un point de vue pratique, vous pouvez la mettre en œuvre avec des outils de publications en logiciel libre tels que SPIP et d’une manière générale avec les weblogs divers et variés.